LA GRECE A-T-ELLE EVITE LA FAILLITE ?
Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé samedi à propos de la Grèce, qu'on ne pouvait "pas laisser tomber un pays qui est dans la zone euro, sinon, l'euro n'a pas de sens".
La chancelière allemande Angela Merkel s'est efforcée vendredi de détendre l'atmosphère entre son pays et la Grèce, félicitant Athènes pour ses efforts et jugeant que les Grecs n'avaient nul besoin d'une aide financière.
Des dirigeants européens ont exprimé leur confiance vendredi envers les mesures d'austérité prises par la Grèce, dont ils pensent qu'elles tireront le pays d'affaire sans recourir à une assistance financière.
L'ambiance était délétère vendredi entre Berlin et Athènes, alors que la chancelière Angela Merkel devait recevoir le Premier ministre grec Georges Papandréou en fin de journée, interviews et commentaires de presse évoquant corruption, nazisme ou dommages de guerre impayés.
Les syndicats testaient vendredi la mobilisation contre la rigueur en appelant à des grèves et manifestations qui ont entraîné une quasi-paralysie de la Grèce au moment où le Parlement se préparait à adopter les mesures d'austérité destinées à rétablir les finances du pays.
Alors que les annonces de grèves pour vendredi ne cessent de tomber, 10.000 manifestants ont protesté jeudi soir, à Athènes, contre les mesures d'austérités annoncées par le gouvernement grec.
La presse grecque rapporte l'état de choc du pays après l'annonce la veille de mesures d'austérité draconiennes. Des députés Allemands leur proposent de vendre leurs îles !
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Grèce plan d'austérité
Début de protestation en Grèce après l'annonce du plan d'austérité censé sauver le pays de la banqueroute. L'Union Européenne a salué ces mesures de rigueur et promis sa solidarité envers le pays ....
Grèce : le ton monte
La grogne sociale monte d'un cran en Grèce. Quelques 10.000 manifestants ont défilé jeudi soir pour dénoncer les mesures rigoureuses que le Parlement se prépare à adopter pour rétablir les finances du pays ....
La grèce paralysée par la grève
Plus de 7000 personnes se sont rassemblées au centre de la capitale grecque . Objet de leur protestation ; les restrictions budgétaires...
Grèce : "on ne peut pas laisser tomber un pays de la zone euro", affirme Nicolas Sarkozy
AFP, Mise a jour : 06/03/2010 11:55
Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé samedi à propos de la Grèce, qu'on ne pouvait "pas laisser tomber un pays qui est dans la zone euro, sinon, l'euro n'a pas de sens".

AFP/Nicolas Sarkozy parlant à des journalistes en quittant l'Hôpital Nord de Marseille le 4 Mars 2010
"On ne peut pas laisser tomber un pays qui est dans la zone euro. Si on ne soutient pas la Grèce, parce qu'elle fait des efforts, ce n'était pas la peine de faire l'euro", a ajouté M. Sarkozy lors d'une table ronde à Paris avec des agriculteurs français, dans le cadre du salon de l'agriculture.
La Grèce a adopté vendredi son plan de rigueur pour lutter contre la grave crise économique et financière à laquelle elle est confrontée.
En quête de soutien international le Premier ministre grec Georges Papandréou doit rencontrer dimanche le président français, après des entretiens vendredi avec la chancelière allemande Angela Merkel, et avant un voyage à Washington.
Merkel décerne à la Grèce le satisfecit qu'Athènes espérait
AFP, Mise a jour : 05/03/2010 23:20
La chancelière allemande Angela Merkel s'est efforcée vendredi de détendre l'atmosphère entre son pays et la Grèce, félicitant Athènes pour ses efforts et jugeant que les Grecs n'avaient nul besoin d'une aide financière.

AFP/ Angela Merkel et Georges Papandréou à Berlin le 5 Mars 2010
"La Grèce a fait un effort énorme" et "rapide", "c'est un pas extrêmement important", et "elle n'a pas demandé d'aide financière", a dit la chancelière en saluant "le courage" des Grecs, à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre Georges Papandréou.
Selon Mme Merkel, "la stabilité de la zone euro est assurée". Et "la question d'une aide financière à la Grèce n'est pas posée et je suis même optimiste qu'elle ne sera pas posée", a-t-elle ajouté.
M. Papandréou, dont le pays vient d'adopter de nouvelles mesures d'économies draconiennes, a ainsi décroché le satisfecit qu'il espérait de la première puissance économique européenne pour aider à restaurer la confiance en son pays. Il a "remercié l'Allemagne pour ce soutien", en insistant une nouvelle fois sur le fait que la Grèce n'avait appelé personne à la rescousse.
Un message destiné aussi au peuple allemand rétif à une aide financière à Athènes - une option pourtant envisagée en coulisses en Europe - et à la presse d'Allemagne qui se déchaîne contre la Grèce, en l'accusant d'être gaspilleuse, corrompue et non compétitive.
M. Papandréou avait vertement répliqué vendredi matin : "Les Grecs n'ont pas la corruption dans les gènes, tout comme les Allemands n'ont pas le nazisme dans les leurs".
Pour faire oublier cette atmosphère lourde, Mme Merkel et son hôte ont abondamment évoqué devant la presse "l'amitié très étroite" entre leurs deux pays, et notamment les milliers de touristes allemands se rendant en Grèce.
Aux députés allemands qui avaient appelé la Grèce à vendre des îles pour aider à financer sa dette - ce qui sous la plume du quotidien populaire Bild donnait "On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou" - M. Papandréou a répondu : "Je pense qu'il y a des solutions plus créatives pour prendre en charge le déficit (budgétaire) que de vendre les îles grecques".
Le Premier ministre grec a entamé une série d'entretiens en Europe afin d'obtenir une position "claire et nette" sur la crédibilité de son pays.
La Grèce estime avoir fait sa part d'efforts pour remettre ses finances en ordre et espère des déclarations solides de ses partenaires en Europe.
Avant Berlin, M. Papandréou avait rencontré au Luxembourg le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, qui a lui aussi estimé qu'un plan d'aide financière à la Grèce ne devrait pas être "nécessaire". Dimanche, il doit être reçu à Paris par le président français Nicolas Sarkozy.
Le parlement grec a adopté vendredi de nouvelles mesures d'économie draconiennes, qui prévoient 4,8 milliards d'économies. Objectif : réduire le déficit public de 4 points à 8,7% du PIB cette année.
Jeudi, Athènes avait réussi le placement d'un large emprunt obligataire, qui éloigne le spectre d'une faillite du pays. L'opération était vue comme un test de la capacité du pays à rassurer les marchés et à emprunter seul.
Mme Merkel a néanmoins souligné que la Grèce allait devoir "faire davantage qu'assainir son déficit" : il faut qu'elle modernise son économie et l'Allemagne va l'aider, a-t-elle dit.
En outre l'Union européenne et le G20 doivent "réussir à empêcher que les spéculateurs profitent de la situation difficile" grecque, a dit Mme Merkel.
"Nous allons aller ensemble voir la Commission européenne et inclure dans le processus de réforme des marchés financiers du G20 que les titres spéculatifs, en particulier les produits dérivés, soient contrecarrés lorsqu'ils servent à spéculer contre les Etats", a-t-elle dit.
La Grèce peut s'en sortir seule
Par TF1 News (D'après agence), le 05 mars 2010 à 21:59
Des dirigeants européens ont exprimé leur confiance vendredi envers les mesures d'austérité prises par la Grèce, dont ils pensent qu'elles tireront le pays d'affaire sans recourir à une assistance financière.

Athènes, jour de grève, le 5 mars 2010 © AFP
Comme prévu, la Grèce a adopté vendredi son plan de rigueur alors que le pays était quasiment paralysé par des grèves et des manifestations, dont l'une à Athènes marquée par de violents affrontements entre policiers et jeunes.
Les nouvelles mesures de rigueur comprennent notamment des coupes salariales pour les fonctionnaires, le gel des retraites du secteur privé et public ainsi qu'une hausse des deux points de la TVA, à 21%.
Après un entretien à Luxembourg avec le Premier ministre grec Georges Papandréou, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a estimé qu'un plan d'aide financière à la Grèce ne devrait pas être "nécessaire".
La stabilité de la zone euro est "assurée"
La chancelière allemande Angela Merkel, qui a ensuite rencontré Papandréou à Berlin, a également estimé que la Grèce n'avait pas besoin d'aide financière actuellement et que la stabilité de la zone euro était "assurée". Le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle avait pour sa part prévenu que l'Allemagne ne donnerait "pas un cent" à la Grèce.
Cette tournée de Georges Papandréou, qui doit rencontrer dimanche à Paris le président Nicolas Sarkozy, a pour but de "répéter que la Grèce a fait sa part et que c'est maintenant au tour de l'Europe de faire la sienne" pour aider le pays à surmonter sa débâcle financière, a indiqué à l'AFP une source officielle grecque.
Pour le président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Philippe Maystadt, une "action coordonnée" des Etats de la zone euro pourrait encore être nécessaire pour aider la Grèce à faire face à la "spéculation", malgré son retour réussi sur les marchés pour se financer.
Crise grecque : ambiance délétère entre Berlin et Athènes avant une rencontre
AFP, Mise a jour : 05/03/2010 12:42
L'ambiance était délétère vendredi entre Berlin et Athènes, alors que la chancelière Angela Merkel devait recevoir le Premier ministre grec Georges Papandréou en fin de journée, interviews et commentaires de presse évoquant corruption, nazisme ou dommages de guerre impayés.

DDP/AFP Le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle et le commissaire européen pour l'Industrie Antonio Tajani le 5 Mars 2010 à Bruxelles
Mme Merkel affirmait il y a deux jours que "les bonnes relations entre l'Allemagne et la Grèce" seraient au coeur de la brève rencontre prévue en fin d'après-midi avec son homologue grec, mais il semblait difficile vendredi de qualifier ainsi l'atmosphère entre la première puissance économie européenne et l'une des plus petites.
Surfant sur des sondages montrant que l'opinion publique allemande est largement opposée à une aide financière à la Grèce, la presse allemande, en tête le quotidien le plus lu du pays, Bild, se déchaînait contre une Grèce présentée comme fondamentalement gaspilleuse et corrompue.
Le Premier ministre Georges Papandréou a vertement répliqué vendredi matin.
"Nous n'avons pas demandé au contribuable allemand (...) de nous payer nos vacances et nos retraites", a-t-il déclaré dans un entretien au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), "affirmer cela est injuste". "Et les Grecs n'ont pas la corruption dans les gènes, tout comme les Allemands n'ont pas le nazisme dans les leurs", a-t-il ajouté.
Car comme souvent quand l'Allemagne est en jeu, cette sombre période de l'Histoire refait surface dans le débat public. Certaines personnalités grecques ont mis en rapport la misère économique actuelle et les dégâts causés par la Seconde Guerre mondiale dans le pays, renvoyant la responsabilité à l'Allemagne. Pour M. Papandréou, établir un lien entre les deux choses n'est "pas à l'ordre du jour".
Il a estimé toutefois dans le FAZ que la question des réparations de l'Allemagne était "une question en suspens". Et ce, alors que Berlin a indiqué la semaine dernière que le sujet était clos depuis des années.
Les commentaires de plus ou moins bon goût qui fusent de tout côté -un député allemand a proposé aux Grecs de "vendre des îles inhabitées" et jugé qu'aider la Grèce reviendrait à donner de l'alcool à un alcoolique, Bild expliquait vendredi à M. Papandréou qu'en Allemagne "nous nous levons tôt le matin et travaillons toute la journée"- font presque perdre de vue le fond du débat.
Le ministre allemand de l'Economie, Rainer Brüderle, a résumé ainsi la situation vendredi matin : "M. Papandréou a dit qu'il ne voulait pas un cent, le gouvernement allemand ne donnera pas un cent".
En revanche Berlin ne tarit pas d'éloge sur le nouveau plan d'austérité présenté cette semaine par Athènes, qui doit contribuer à réduire l'énorme déficit public de la Grèce et ramener la confiance sur les marchés financiers.
Si les mesures annoncées par son gouvernement suffisaient à assurer à la Grèce de bonnes conditions de refinancement sur les marchés, Mme Merkel serait tirée d'un bien mauvais pas. Elle est écartelée entre le souci de préserver la stabilité de l'euro, fragilisé par les déboires de la Grèce, et l'opposition de son électorat et de ses partenaires libéraux au sein du gouvernement à un geste financier envers Athènes.
Mais la Grèce va "encore devoir payer pendant longtemps des taux d'intérêt élevés" pour lever des capitaux, expliquait à la radio allemande vendredi matin le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro. Et l'Allemagne et les autres ne vont peut-être pas s'en tirer à si bon compte.
Car pour M. Papandréou les choses sont claires : faute de soutien de ses partenaires pour amadouer les marchés, "nous ne pourrons pas mettre en oeuvre les changements que nous envisageons", a-t-il dit au FAZ.
Grèce : journée de manifestations et de grèves contre les mesures d'austérité
AFP, Mise a jour : 05/03/2010 12:12
Les syndicats testaient vendredi la mobilisation contre la rigueur en appelant à des grèves et manifestations qui ont entraîné une quasi-paralysie de la Grèce au moment où le Parlement se préparait à adopter les mesures d'austérité destinées à rétablir les finances du pays.

AFP / Des manifestants devant la tombe du soldat inconnu à Athenes le 5 Mars 2010
Le Pame, émanation syndicale du parti communiste ultra orthodoxe KKE, a réuni quelques milliers de manifestants dans le centre d'Athènes dans la matinée, avant un meeting à la mi-journée des syndicats de fonctionnaires (Adedy) et du secteur privé (GSEE).
"Non aux mesures antipopulaires, aux taxes et aux coupes du 14ème mois, nous poursuivons notre lutte", indiquait une banderole du Pame déployée en face du Parlement. Ce front syndical avait installé dans la matinée une demi-douzaine de piquets de grève devant une série d'entreprises, dont un hôtel de luxe dans le centre.
Les transports aériens et terrestres, ainsi que l'ensemble de l'activité économique, étaient fortement perturbés par une série de grèves à l'appel des grands syndicats, en riposte à l'adoption mercredi d'un train de mesures prévoyant 4,8 milliards d'économies pour réduire le déficit public de 4 points à 8,7% du PIB cette année.
Athènes était livrée à de gigantesques embouteillages dans la matinée, sans aucun transport public pour toute la journée, tandis qu'à Salonique, deuxième ville du pays, les dessertes urbaines devaient être suspendues à la mi-journée.
Le trafic aérien devait être interrompu de 12H00 à 16H00 locales (10H00-14H00 GMT) du fait d'un arrêt de travail des contrôleurs du ciel, en réponse au mot d'ordre lancé par l'Adedy (300.000 adhérents) qui devait également paralyser l'ensemble du secteur public à partir de midi. Les deux compagnies aériennes grecques ont annulé des vols, 17 dont un sur l'étranger pour Olympic Air et 5 pour Aegean Airlines.
La GSEE (un million d'adhérents), s'est jointe à l'appel à un arrêt de travail, jusqu'à 15HOO locales, et a appelé les syndicats le pouvant à observer des grèves de 24 heures.
Le Pame a lui appelé ses organisations à une grève de 24 heures.
Une seule desserte ferroviaire était assurée par destination, suite à une grève de 24 heures des personnels des chemins de fer.
Les médias étatiques, dont la télévision Net et l'agence de presse Ana, ne diffusaient aucune nouvelle pour 24 heures depuis 06HOO locales (04H00 GMT) et les journalistes des médias privés ont pour leur part observé un arrêt de travail de 10H00 à 12H00 locales.
Les écoles devaient étaient aussi affectées par une grève de 24 heures des instituteurs et enseignants du secondaire. Les syndicats de police ont appelé leurs membres à se joindre à des rassemblements. Environ 10.000 personnes avaient déjà manifesté jeudi soir à Athènes et Salonique (nord).
Le train de mesures d'austérité gouvernemental devait être voté dans la journée au parlement, où le gouvernement socialiste dispose d'une confortable majorité de 160 sièges sur 300 députés.
Ces mesures "sont une question de survie nationale. (...) Nous appliquerons ce plan avec le soutien de toute la société grecque", a assuré au cours des débats le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou.
Le Premier ministre Georges Papandréou devait rencontrer en fin d'après-midi à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel, après s'être entretenu au Luxembourg avec le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.
L'escale au Luxembourg, comme ses entretiens ultérieurs à Berlin puis dimanche à Paris avec le président Nicolas Sarkozy n'ont qu'un seul but : "répéter que la Grèce a fait sa part et que c'est maintenant au tour de l'Europe de faire la sienne" pour aider le pays à surmonter sa débâcle financière, a indiqué à l'AFP une source officielle grecque.
Grèce : la grogne sociale monte
Par TF1 News (avec agence), le 04 mars 2010 à 23:08
Alors que les annonces de grèves pour vendredi ne cessent de tomber, 10.000 manifestants ont protesté jeudi soir, à Athènes, contre les mesures d'austérités annoncées par le gouvernement grec.

Jeudi soir à Athènes, des manifestants protestent contre les mesures d'austérité, incitées par l'UE © AFP
Au lendemain de l'annonce des mesures d'austérité décidées par le gouvernement socialiste. Jeudi soir, 10.000 manifestants communistes et de la gauche radicale se sont rassemblés dans le centre d'Athènes pour protester contre le serrage de vis imposé par le gouvernement. Un défilé réunissant 2.000 personnes, selon la police, avait eu lieu un peu plus tôt, à Salonique, une ville du Nord.
Dans la capitale, les manifestants portaient des banderoles appelant à faire "la guerre à la guerre des capitalistes" et dénonçant les "mesures anti-populaires du gouvernement". Le sol du centre d'Athènes était jonché de tracts appelant les manifestants à faire grève vendredi, jour où doit être voté par le parlement le train de mesures destinées à faire économiser 4,8 milliards d'euros à la Grèce.
Quelque 300 syndicalistes communistes avaient occupé dans la matinée le ministère des Finances. La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une cinquantaine de manifestants après des heurts survenus en marge d'un rassemblement.
La journée de vendredi s'annonce chaude. Les annonces de grève de 24 heures ou d'arrêts de travail n'ont cessé de tomber : le trafic des aéroports grecs sera ainsi paralysé de 12 heures à 16 heures locales (10H-14H GMT), les transports terrestres perturbés, et les écoles fermées. Les grandes organisations syndicales du privé, GSEE et du public, ADEDY, ont également appelé à des rassemblements à Athènes, à l'écart d'un autre rendez-vous du Front syndical communiste PAME.
Les compliments de l'Europe mais
Le gouvernement a pour sa part lancé un emprunt obligataire, comptant sur l'effet psychologique de l'annonce du plan. L'émission à dix ans d'un montant de cinq milliards d'euros a fait se ruer les investisseurs pour une demande d'environ quinze milliards d'euros.
Le porte-parole du gouvernement, Georges Pétalotis s'est déclaré "très satisfait" de cette "très grande demande qui signifie quelque chose, est un signe". Très attendue, l'opération était considérée comme un test de la capacité du pays à rassurer les marchés et à emprunter seul.
Après la Commission européenne, et le FMI, qui s'en était félicité mercredi, le président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet a pour sa part complimenté la Grèce pour ses mesures d'austérité "substantielles". Il a par contre jugé qu'une aide du Fonds monétaire international (FMI) à la Grèce, autre qu'une assistance technique, ne lui paraissait pas "appropriée".
Alors que le Premier ministre, Georges Papandréou, a indiqué attendre désormais "la solidarité de l'Europe", le porte-parole grec a souligné que pour pouvoir "emprunter comme empruntent les autres pays européens", la Grèce demande à ses partenaires "une déclaration claire et nette", qu'elle est "un pays crédible, sur laquelle tous peuvent compter".
La chancelière allemande Angela Merkel, qui doit recevoir vendredi Georges Papandréou, va lui dire "très clairement" que la Grèce doit résoudre elle-même ses problèmes budgétaires, a de son côté affirmé le ministre allemand de l'Economie.
Le dirigeant grec rencontrera Nicolas Sarkozy dimanche à Paris, et il sera reçu le 9 mars par Obama. La Grèce a besoin d'emprunter plus de 20 milliards d'euros d'ici mai pour faire face à ses échéances sur sa dette publique, qui s'est creusée à 113,4% du PIB en 2009, tandis que le déficit public s'envolait à 12,7% du PIB
La Grèce se réveille avec la gueule de bois
Par Olivier Levard, le 04 mars 2010 à 11:05
La presse grecque rapporte l'état de choc du pays après l'annonce la veille de mesures d'austérité draconiennes. Des députés Allemands leur proposent de vendre leurs îles !

Des retraités grecs manifestent après l'annonce de mesures d'économies drastiques le 3 mars 2010. © AFP
Les Grecs sont K.O. La presse grecque relayait jeudi l'état de choc du pays après l'annonce la veille de mesures d'austérité draconiennes prises par le gouvernement pour sortir de la crise budgétaire sans précédent en économisant 4,8 milliards d'euros.
"Choc ! Une austérité ravageuse pour tous. Des mesures les plus douloureuses, antidote à la banqueroute", titrait sur toute sa Une le quotidien Ta Néa, proche du gouvernement socialiste. "Les mesures que le gouvernement a prises hier ont été reçues par la société grecque comme un électrochoc. Elles la bouleversent (...) mais elles les affrontent comme une thérapie nécessaire", estime le journal.
Pour Elefthérotypia (gauche indépendante) mercredi était "Un jour inoubliable ! Une avalanche de mesures change notre vie". Le journal affirme dans son éditorial que "le gouvernement a annoncé hier les premières victimes de la guerre qu'il a déclaré contre la banqueroute. Ce ne sont pas ceux qui ont créé les conditions de la guerre, ce sont les travailleurs du secteur public auxquels on a coupé dramatiquement les salaires".
"Des mesures sévères contre la faillite", relève le quotidien libéral Kathimérini dans son titre de Une. "C'est maintenant l'heure de l'Europe" et que "le test crucial sera le lancement d'une obligation d'Etat", souligne-t-il également.
De son côté, le journal d'informations économiques et financières, Naftemporiki, qualifie les mesures d'économies de 4,8 milliards d'euros de "sans précédent".
Le quotidien de la gauche radicale Avgi titre sur "la colère contre le vol", tandis que Rizospastis, l'organe du parti communiste grec (KKE -ultra-orthodoxe), appelle à "une grève générale" pour vendredi et annonce pour la soirée de jeudi "des rassemblements dans 62 villes contre les mesures incendiaires".
"On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou"
Tous les moyens sont bons pour trouver de l'argent frais. La Grèce a lancé jeudi une émission obligataire sur dix ans visant à rapporter quelque 5 milliards d'euros, selon une source du ministère grec des Finances. A l'étranger des idées plus radicales émergent. Des députés allemands ont appelé la Grèce à vendre des îles pour aider à financer sa dette, rapporte jeudi le quotidien populaire allemand Bild qui résume l'idée en ces termes : "On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou".
"L'Etat grec doit renoncer à sa participation dans des sociétés, et vendre des propriétés foncières, comme par exemple des îles inhabitées", a affirmé au journal le député libéral Frank Schäffler, du parti FDP au pouvoir. Pour le député du parti CDU d'Angela Merkel, Marco Wanderwitz, "si l'Union européenne et donc l'Allemagne venait à aider financièrement la Grèce, il faudrait qu'elle consente des garanties en échange". "Quelques îles pourraient ainsi faire l'affaire", selon le député.
Selon le ministère du tourisme grec, la Grèce compte quelque 6.000 îles, pour la plupart inhabitées. Une entreprise privée basée à Hambourg (nord de l'Allemagne) cherche actuellement à vendre une île grecque inhabitée pour 45 millions d'euros, souligne Bild. En 1993, plusieurs députés allemands avaient déjà provoqué une vive querelle avec l'Espagne en suggérant que Berlin achète l'île de Majorque, haut-lieu de villégiature pour les touristes allemands. La chancelière Angela Merkel doit recevoir vendredi le Premier ministre grec Georges Papandréou.



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